Le goût de l'immortalité, Catherine Dufour, éd Mnémos

Publié le par Caroline

Je dois dire que je suis vraiment déçue par cette lecture. L’intrigue en elle-même est assez intéressante, l’univers également, les personnages sont fouillés, crédible.

 

Avec tout ça vous commencez peut-être à vous demander ce qui fait que ma lecture ne fut pas qu’un moment de plaisir ?

 

Tout d’abord, je vous rassure, il n’y a point eu de torture, même si je me suis un peu forcée pour terminer cet ouvrage.

 

Tout au long du roman c’est la narratrice qui raconte une histoire, relatant des éléments passés dans une longue lettre dont on découvre le but à la fin. Le style n’est pas pour me déplaire. Le premier bémol trouve cependant place ici. Si le style au niveau syntaxique ne pose aucun problème, celui du vocabulaire, si. Le goût de l’immortalité est un roman de SF, ce qui implique des mots nommant des objets du futur, d’une technologie encore inconnue  ou mal connue. Cependant, je trouve qu’ici, ce vocabulaire est abusif. L’auteure, selon moi, utilise trop ces « nouveaux » mots, polluants ainsi la lecture. J’avoue quand même avoir peut-être eu cette sensation car je ne suis habituellement pas une lectrice de SF ; je ne peux donc pas vraiment comparer avec d’autres ouvrages/auteurs.

Je ne parlerai même pas des « mots références » en SF. A croire qu’on ne peut plus écrire de SF sans qu’il y ait dedans certains termes récurrents. Exemple de la puce sous-cutanée, plus que croisée également dans Malhorne de Camut aux éditions Bragelonne (pour n’en citer qu’un). Pour la puce, je me dis que c’est un fait de société ; plusieurs pensent/savent qu’un jour nous y aurons droit. Non ?

 

Le déroulement de l’histoire me semble également problématique. Ceci en conséquence d’un choix narratif de l’auteure. Catherine Dufour a choisi de mêler les histoires de plusieurs personnages. Soit. Mais, elle prend le temps de développer « l’univers » et le profil psychologique de chacun. D’un côté, c’est bien. De l’autre, c'est long. Vraiment long. Il y a des moments où je me suis ennuyée ; j‘aurais bien aimé qu’il y ait un peu plus d’action directe (moins d’action rapportée), que les destins se croisent plus vite et qu’il se passe plus de choses au niveau de l’enquête ou du dénouement (qui lui aussi se trouve dans le passé). A la limite, j’ai même trouvé que chaque protagoniste aurait pu faire l’objet d’un roman à part entière.

 

Pour les côtés positifs, j’ai aimé le côté fouillé des persos et surtout les féminins. Je me suis beaucoup amusée de la façon dont la narratrice dépeint sa mère. Et dans toute l’ambiance régnant entre les personnages féminins vivant dans le même immeuble : beaucoup d’émotion, du sérieux, de l’humour caustique.

J’ai également apprécié la vue assez sombre de l’auteure sur notre Monde, son développement encore à venir, sur les gens, qui même s’ils sont parfois dégoûtés par certaines pratiques n’hésitent pas à faire de même quand il s’agit de leur bien-être personnel.

Et puis, les gentils pas si gentils, c’est bien.

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